Avant
Ouverture des hanches, des épaules et de la colonne ; mise en route du souffle. Le corps est prêt à frapper sans être encore chaud d'effort.
Feuillet ๕
ฤๅษีดัดตน
« L'ermite qui étire son propre corps » : une gymnastique lente de souplesse, d'appuis et de souffle. En séance à part entière, sans boxe — ou en complément de la pratique martiale.
Le Reusi Dat Ton se pratique pour lui-même. C'est une discipline corporelle complète, lente, sans contact ni frappe, qui tient du taï chi par son allure et de la médecine thaïe par son origine : on vient y chercher de la souplesse, de l'équilibre, un dos qui tient et un souffle plus long. Aucune pratique martiale n'est nécessaire pour y entrer.
Reusi ฤๅษี désigne l'ermite, l'ascète des forêts — celui qui, vivant seul, n'a personne pour le soigner. Dat ton ดัดตน signifie « plier, redresser son propre corps ». La discipline est née de cette nécessité : entretenir soi-même ses articulations, son souffle et sa circulation, avec ses seules mains et le sol. Là où le Nuad Thaï est ce qu'un autre fait pour vous, le Reusi Dat Ton est ce que vous faites pour vous-même ; les deux relèvent du même corpus et se répondent.
La ressemblance avec le yoga est de surface. Ici, les postures sont brèves, l'appui des mains est central, chaque figure vise une région précise, et l'objectif reste celui de la tradition thaïe : entretenir son corps et l'ouvrir.
Nous proposons des séances entièrement consacrées au Reusi Dat Ton, indépendantes du muay, pour qui cherche un travail corporel doux. Une séance suit un déroulé simple : mise en souffle et réveil articulaire, série assise, série à genoux et au sol, quelques figures debout pour les appuis et l'équilibre, puis un temps de relâchement. On travaille pieds nus, en vêtements souples, sans matériel.
C'est une pratique accessible à tout âge et à toute condition physique : chaque figure a sa version réduite, et la progression se fait par la régularité, non par l'amplitude. Les séances conviennent particulièrement aux personnes assises toute la journée, aux sportifs qui manquent de mobilité, et à celles et ceux qui veulent bouger sans affrontement.
Le Wat Pho conserve la série la plus célèbre de statues d'ermites en posture. Une première série de figures en terre fut installée sous Rama Ier, à la fin du XVIIIe siècle ; usée, elle fut remplacée vers 1836, sous Rama III, par quatre-vingts statues d'alliage et de stuc, accompagnées d'inscriptions en vers décrivant chaque exercice et les maux auxquels il répond. Une vingtaine seulement avaient survécu au début des années 2000 — les décomptes publiés varient de vingt à vingt-quatre ; le département de médecine thaïe traditionnelle du ministère thaïlandais de la Santé publique a fait refondre la série complète à partir de 2009.
C'est l'un des rares corpus anciens où une gymnastique de santé nous soit parvenue à la fois par l'image et par le texte — et l'une des raisons pour lesquelles cette discipline peut être enseignée avec des références, plutôt que de mémoire.
Un boxeur qui ne sait pas se remettre en état ne dure pas. Le répertoire de l'ermite est ce qui permet de pratiquer longtemps.
Le Reusi Dat Ton ouvre et referme le travail martial : quelques postures d'échauffement articulaire avant la boxe, une série de récupération après. Nous en enseignons progressivement un répertoire de base, que chacun reprend seul chez soi — c'est d'ailleurs sa vocation première.
Ouverture des hanches, des épaules et de la colonne ; mise en route du souffle. Le corps est prêt à frapper sans être encore chaud d'effort.
Entre deux séquences, quelques postures rendent au corps l'amplitude que l'effort lui a prise.
Étirements longs et respiration lente, en complément du massage : la récupération commence avant la fin de la séance.