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Parler un peu

Lexique thaï

คำศัพท์ภาษาไทย

De quoi saluer, remercier, compter et poser une question — puis tout le vocabulaire technique du programme, arme par arme, dans la langue où il a été pensé.

Le thaï est une langue à tons : la même syllabe change de sens selon la hauteur de la voix. Les transcriptions ci-dessous se lisent à la française et notent les cinq tons. Elles vous feront comprendre, pas passer pour un Thaïlandais : l'écriture thaïe, à côté, reste la seule forme exacte.

Comment lire les transcriptions

Les cinq tons, marqués sur la voyelle : a ton moyen, égal · à ton bas · â ton descendant · á ton haut · ǎ ton montant, comme une question en français.

Les lettres à connaître : ou se lit comme dans « fou » · eu comme dans « peur » · ae comme le è de « père » · comme dans « ail » · dj comme dans « djinn » · tch comme dans « tchèque » · ng comme à la fin de « parking ».

Un point de vigilance : kh, ph et th notent des consonnes aspirées — lisez-les k, p et t soufflés. Jamais le f de « photo », jamais le th anglais. Phra se dit « pra », thip se dit « tip ».

Deux approximations assumées : la longueur des voyelles n'est notée que par le doublement là où l'usage l'a fixée, et quelques termes passés dans l'usage gardent leur graphie courante — muay, khru, mae mai, look mai, kad chuek — pour rester trouvables ailleurs.

Sur cette page — politesse · compter · le maître et l'élève · questions · phrases utiles · le vocabulaire du programme · les quinze mae mai · les quinze look mai

Deux mots à connaître avant tout

Un homme termine ses phrases par ครับ (khráp), une femme par ค่ะ (khà). Ces particules ne veulent rien dire en elles-mêmes : elles rendent la phrase polie. Sans elles, la même phrase sonne brusque. On les ajoute à presque tout — y compris à un simple « oui ».

Politesse et premiers mots

  • Bonjour (un homme parle)สวัสดีครับsà-wàt-dii khráp
  • Bonjour (une femme parle)สวัสดีค่ะsà-wàt-dii khà
  • Comment ça va ?สบายดีไหมsà-baaï-dii mǎï ?
  • Ça va bienสบายดีsà-baaï-dii
  • Merciขอบคุณkhòop-khoun
  • Merci beaucoupขอบคุณมากkhòop-khoun mâak
  • Excusez-moi, pardonขอโทษkhǒo-thôot
  • Au revoirลาก่อนlaa-kòon
  • Oui / c'est çaใช่tchâï
  • Nonไม่ใช่mâï tchâï
  • S'il vous plaît (en demandant)…หน่อย…nòï

Compter de un à vingt

  • หนึ่งnèung1
  • สองsǒong2
  • สามsǎam3
  • สี่sìi4
  • ห้าhâa5
  • หกhòk6
  • เจ็ดdjèt7
  • แปดpàet8
  • เก้าkâo9
  • ๑๐สิบsìp10
  • ๑๑สิบเอ็ดsìp-èt11
  • ๑๒สิบสองsìp-sǒong12
  • ๑๓สิบสามsìp-sǎam13
  • ๑๔สิบสี่sìp-sìi14
  • ๑๕สิบห้าsìp-hâa15
  • ๑๖สิบหกsìp-hòk16
  • ๑๗สิบเจ็ดsìp-djèt17
  • ๑๘สิบแปดsìp-pàet18
  • ๑๙สิบเก้าsìp-kâo19
  • ๒๐ยี่สิบyîi-sìp20

Deux irrégularités à retenir, et il n'y en a pas d'autres : 11 se dit sìp-èt et non « sìp-nʉ̀ng » — เอ็ด remplace หนึ่ง en position d'unité après une dizaine ; et 20 se dit yîi-sìp et non « sɔ̌ɔng-sìp ». Le reste se compose sans surprise : 21 yîi-sìp-èt, 22 yîi-sìp-sɔ̌ɔng, et ainsi de suite.

Les dizaines jusqu'à cent

  • ๑๐สิบsìp10
  • ๒๐ยี่สิบyîi-sìp20
  • ๓๐สามสิบsǎam-sìp30
  • ๔๐สี่สิบsìi-sìp40
  • ๕๐ห้าสิบhâa-sìp50
  • ๖๐หกสิบhòk-sìp60
  • ๗๐เจ็ดสิบdjèt-sìp70
  • ๘๐แปดสิบpàet-sìp80
  • ๙๐เก้าสิบkâo-sìp90
  • ๑๐๐ร้อยróoï100

Cent se dit nʉ̀ng-rɔ́ɔï quand on veut préciser « un » cent ; rɔ́ɔï seul suffit d'ordinaire. Les chiffres thaïs se rencontrent encore sur les documents officiels, les bornes de temple et les planches de grades — ainsi ๑๑ pour le onzième khan ; les chiffres arabes sont d'usage courant partout ailleurs.

Le salut, l'élève, le professeur

  • Le salut mains jointesไหว้wâï
  • Le salut au maîtreไหว้ครูwâï khrou
  • Le professeur, le maîtreครูkhrou
  • Le maître ancien, le grand professeurอาจารย์aa-djaan
  • L'élève, le discipleศิษย์sìt
  • L'élève d'un maîtreลูกศิษย์loûk-sìt
  • Le boxeurนักมวยnák-muay
  • Le camp de boxeค่ายมวยkhâaï-muay
  • Le bandeau rituelมงคลmong-khon
  • Le brassardประเจียดprà-djìat
  • Le degré, l'échelonขั้นkhân

L'équipement

  • Le short de boxeกางเกงมวยkaang-keeng muay
  • Les gantsนวมnouam
  • Le protège-dentsฟันยางfan yaang
  • Les protège-tibiasสนับแข้งsà-náp khâeng
  • La coquilleกระจับkrà-djàp
  • Le sac de frappeกระสอบทรายkrà-sòp saaï
  • La corde à sauterเชือกกระโดดtcheuak krà-dòot

Deux noms disent d'où vient la chose : fan yaang, ce sont des « dents de caoutchouc », et krà-sòp saaï « le sac de sable » — on y mettait autrefois du sable, aujourd'hui du textile. À Sit Isuan, chacun apporte au minimum les trois premières protections : protège-dents, coquille et gants.

Les mots qui posent une question

  • Où ?ที่ไหนthîi-nǎï
  • Quoi ?อะไรà-raï
  • Quand ?เมื่อไหร่mêua-ràï
  • Comment ?อย่างไรyàang-raï
  • Pourquoi ?ทำไมtham-maï
  • Quel, lequel ?อันไหนan-nǎï
  • Qui ?ใครkhraï
  • Combien ?เท่าไหร่thâo-ràï

Le mot interrogatif se place en fin de phrase, là où le français le met au début : « tu vas ? » plutôt que « où vas-tu ? ».

Phrases utiles

  • Est-ce que je peux avoir… s'il vous plaît ?ขอ… หน่อยครับ / ค่ะkhǒo… nòï khráp / khà
  • Où est le camp de boxe ?ค่ายมวยอยู่ที่ไหนครับkhâaï-muay yoù thîi-nǎï khráp ?
  • À quelle heure ouvre le camp ?ค่ายมวยเปิดกี่โมงครับkhâaï-muay pèut kìi-moong khráp ?
  • À quelle heure ferme le restaurant ?ร้านอาหารปิดกี่โมงครับráan-aa-hǎan pìt kìi-moong khráp ?
  • Combien coûte un massage ?นวดราคาเท่าไหร่ครับnûat raa-khaa thâo-ràï khráp ?
  • Quelle est la différence entre le muay thaï et le muay boran ?มวยไทยกับมวยโบราณต่างกันอย่างไรครับmuay-thaï kàp muay-boo-raan tàang-kan yàang-raï khráp ?

Le vocabulaire du programme

Ce qui suit est le répertoire tel que l'ordonne le programme de la Khru Muay Thai Association, celui sur lequel nous enseignons et sur lequel se passent les khan : une garde, six marches, neuf armes, la défense, puis les trente figures. On le donne dans son ordre, parce que cet ordre est déjà une pédagogie.

Une remarque avant d'entrer dedans, et c'est peut-être la plus utile de cette page : ce répertoire est fait de verbes, et de verbes du monde ordinaire — poser, arc-bouter, tirer, ouvrir, fermer, balayer, crocheter, hacher, trancher, piler, jaillir, rabattre, soulever, cogner, flotter, piquer, projeter, briser. Aucun ne vient de l'anatomie. Un nom thaï ne décrit pas un segment du corps : il dit ce que l'on fait à une chose, et c'est pour cela qu'il s'exécute mieux qu'une consigne.

Les termes techniques sont donnés dans la translittération courante du programme — celle qu'on entend en séance — et non dans la transcription approchée employée plus haut pour les phrases du quotidien.

La garde et la base

จรดมวย jarot muay — poser sa boxe

  • Poser la garde — forme courante de jarot muayจดมวยdjòt muay
  • La garde longue et englobante, mains ouvertes, qui mesure et conduitคุมเชิงมวยkhoum tcheung muay
  • La garde du maître : sur une jambe ท่าครูthâa khrou
  • La garde, mot emprunté à l'anglais et courant dans les sallesการ์ดมวยkáat muay
  • L'angle, la facette : le côté de gardeเหลี่ยมlìam
  • Garde gauche · garde droiteเหลี่ยมซ้าย · เหลี่ยมขวาlìam sáaï · lìam khwǎa
  • Changer l'angle de gardeเปลี่ยนเหลี่ยมการ์ดplìan lìam káat
  • Construire la baseสร้างฐานsâang thǎan
  • Construire le rythmeสร้างจังหวะsâang djang-wà

Le débutant qui apprend l'écartement de ses pieds apprend, dans la même leçon et sous le même verbe, à se fabriquer un rythme.

Niveaux, distance, initiative

  • Hautสูงsǒung
  • Le tronc — le niveau médianลำตัวlam toua
  • Basต่ำtàm
  • Le rythme, la cadence, le temps justeจังหวะdjang-wà
  • Ravir la cadence, saisir le tempsชิงจังหวะtching djang-wà
  • La manière propre d'un boxeur, sa façon de tenir l'échangeเชิงtcheung
  • Jauger la manière de l'autre avant de s'engagerคุมเชิงkhoum tcheung
  • L'assaut léger, le sparring — « jouer le cheung »เล่นเชิงlên tcheung
  • Le travail à vide, le shadow boxing — « jouer avec l'air »เล่นลมlên lom
  • Les figures d'avance, en un à quatre pasไม้รุกmáï róuk
  • Le bois mort — la technique décisive qu'on garde pour la finไม้ตายmáï taaï

Les deux formes d'entraînement se disent avec le verbe lên เล่น, jouer : on joue le cheung contre un partenaire, on joue avec l'air quand on travaille seul. Le mot dit assez ce que le camp attend de l'assaut léger.

Le répertoire est une matrice à trois entrées — l'arme, la trajectoire, le niveau — et les listes arme par arme qui suivent n'en sont que des coupes. Un pratiquant ne mémorise pas soixante techniques : il mémorise une douzaine de verbes, quatre armes et trois niveaux, et il engendre.

Les marches

  • Poursuivre — pas glissé court, dans toutes les directionsสืบsèup
  • La marche du tigre — pas latéral alterné, changement de gardeเสือย่างsěua yâang
  • La marche du cheval — marche à genou haut, qui presse et intercepteม้าย่องmáa yông
  • La marche en trois temps— trois appuis en triangle, celle du wai khruย่างสามขุมyâang sǎam khǔm
  • La marche de félicité — trois pas sur place, en appui arrièreย่างสุขเกษมyâang sòuk kà-sěem
  • Alterner les dents du poisson — le pas en oblique ou zigzag สลับฟันปลาsà-làp fan plaa
  • Alterner les jambes — le changement de garde rapide Step / Switchสลับขาsà-làp khǎa

Quatre des six marches portent un nom d'animal ou de chose. Deux d'entre elles sont en réalité des systèmes défensifs complets : le cheval bloque, reçoit et dévie ; la marche de félicité bloque, pare, feinte et remise.

Les neuf armes

นวอาวุธ nawa awut — les neuf armes

  • Le poingหมัดmàt
  • Le coudeศอกsòok
  • Le genouเข่าkhào
  • Le tibiaแข้งkhâeng
  • Le piedเท้าtháo
  • La tête — la neuvième arme, hors règlement sportifหัวhǔa

Les armes du Muay

Le corps : membres et organes

  • La têteหัวhǒua
  • Le visageหน้าnâa
  • L'œilตาtaa
  • Le nezจมูกdjà-mòuk
  • La boucheปากpàak
  • Le mentonคางkhaang
  • Le couคอkho
  • La tige du couก้านคอkâan kho
  • L'épauleไหล่làï
  • Le brasแขนkhǎen
  • La mainมือmeu
  • La poitrineอกòk
  • Les côtesซี่โครงsîi khroong
  • Le ventreท้องthóng
  • Le troncลำตัวlam toua
  • Le dosหลังlǎng
  • Le foieตับtàp
  • Le reinไตtaï
  • La jambeขาkhǎa
  • La cuisseต้นขาtôn khǎa
  • Le molletน่องnông
  • Le piedเท้าtháo
  • Le talonส้นเท้าsôn tháo
  • La chevilleข้อเท้าkhôo tháo

Les quatre armes ont déjà leur nom plus haut : màt le poing, sòk le coude, khào le genou, khâeng le tibia. Ces mots-là servent à nommer ce que l'on touche.

Les huit poings

หมัด mat — le poing

  • Droit — le directหมัดตรงmàt trong
  • Rabattre d'un coup, comme un fouet — le crochetหมัดตวัดmàt tà-wàt
  • Soulever au levier — l'uppercutหมัดงัดmàt ngát
  • Cogner vers le bas — le poing marteauหมัดโขกmàt khòok
  • Projeter en tournant — le swingหมัดเหวี่ยงmàt wìang
  • Revenir par l'arrière — le poing retournéหมัดกลับหลังmàt klàp lǎng
  • La paire — le poing doubléหมัดคู่màt khoû
  • Bondir — le poing sautéกระโดดชกหมัดkrà-dòot tchók màt

Le swing court et le swing long se séparent d'une syllabe : wiang san (หมัดเหวี่ยงสั้น) et wiang yao (หมัดเหวี่ยงยาว).

Les dix coudes

ศอก sok — le coude

  • Oblique descendant — frapper en diagonale, de haut en basศอกตีsòok tii
  • Oblique remontant — la même diagonale, prise de bas en haut (ajout de l'association)ศอกเฉียงsòok tchǐang
  • Horizontal — trancher net, la lameศอกตัดsòok tàt
  • Vertical remontant — soulever au levier, la barre à mineศอกงัดsòok ngát
  • Descendant, frappé de l'arrière du coude et non de la pointe — le couperet sur son billotศอกสับsòok sàp
  • Jaillir en ligne droite — la lanceศอกพุ่งsòok phoûng
  • Enfoncer d'un coup de manche, de bas en haut — le pilonศอกกระทุ้งsòok krà-thoúng
  • Revenir — le coude retournéศอกกลับsòok klàp
  • La paire — le coude doubléศอกคู่sòok khoû
  • Bondir — le coude sautéกระโดดศอกkrà-dòot sòok

Le programme de la KMA en retient neuf. Le dixième, sok chiang, est un ajout de l'association : il comble le seul angle que la liste laissait vide.

Les cinq premiers se lisent comme une rose des vents : oblique descendant, oblique remontant, horizontal, vertical remontant, descendant. Une seule articulation, cinq angles — et une distinction que le français ne fait pas : sok sap frappe de l'arrière du coude, là où tous les autres emploient la pointe.

Plusieurs portent un verbe d'outil tranchant ou broyeur. Trois verbes de coupe pour trois épaisseurs de geste : tat trancher net, sap hacher, fan couper en lamelles fines.

Les sept genoux

เข่า khao — le genou

  • Droit — le genou directเข่าตรงkhào trong
  • Oblique, en biaisเข่าเฉียงkhào tchǐang
  • Trancher — le genou horizontal , jambe parallèle au sol เข่าตัดkhào tàt
  • Frapper le gong — le genou circulaireเข่าตีkhào tii
  • Moitié tibia, moitié genou — la frappe entre les deux surfacesเข่าลาkhào laa
  • Flotter, être porté sans appui — le genou sautéเข่าลอยkhào looï
  • Petit — le genou bas, ou glissé sous l'appui pour le souleverเข่าน้อยkhào nóoï

Le programme ajoute khao khu (เข่าคู่), le genou double, en remarque. Et loi ne veut pas dire sauter : il veut dire flotter, être porté sans appui — le mot d'une feuille sur l'eau et des lanternes de Loi Krathong. Un genou qui flotte et un genou sauté ne demandent pas la même chose à un corps.

Pousser et frapper du pied

ถีบ thip — pousser du pied · เตะ te — frapper du pied

  • Droit — le coup de pied directเตะตรงtè trong
  • Obliqueเตะเฉียงtè tchǐang
  • Trancher — le circulaire du muayเตะตัดtè tàt
  • Rabattre comme un fouet — le fouetté hautเตะตวัดtè tà-wàt
  • Monter pour redescendre dans un creux — la tige du couเตะก้านคอtè kâan kho
  • Revenir par l'arrière — le retournéเตะกลับหลังtè klàp lǎng
  • Le même geste, sous son nom imagé : le crocodile fouette de la queueจระเข้ฟาดหางdjò-rà-khêe fâat hǎang
  • Bondir — le sautéกระโดดเตะkrà-dòot tè

Les thip et te sont distinctement une poussée, piqué avec le pied comme une flèche et l'autre un coup de pied ou de tibia circulaire depuis al hanche.

Les trois hauteurs du coup de pied

  • Coup de pied bas — low kickเตะต่ำtè tàm
  • Coup de pied au tronc — middle kickเตะลำตัวtè lam toua
  • Coup de pied haut — high kickเตะสูงtè sǒung

Le thaï nomme la hauteur, pas la cible : lam toua est le tronc, et non une zone conventionnelle. La même trajectoire se décline sur les trois niveaux.

Quelques zones d'impact

  • Coup de pied à la cuisseเตะขาtè khǎa
  • Coup de pied au foieเตะตับtè tàp
  • Coup de pied au molletเตะน่องtè nông

Le nom se construit en accolant la partie visée au verbe. Le vocabulaire du corps se trouve plus haut, aux membres et organes.

Les cinq surfaces du thip

  • Piquer du bec — les orteilsถีบจิกthìip djìk
  • Creuser, éroder — l'avant de la planteถีบเซาะthìip só
  • Lâcher, laisser tomber — le pied entierถีบทิ้งthìip thíng
  • Le talonถีบส้นthìip sôn
  • Glisser dans, coincer — le tranchant externeถีบเหน็บthìip nèp

Une même trajectoire, cinq manières d'arriver.

La défense : huit verbes de main

  • Protéger en interposantป้องpòong
  • Balayer de côté, comme on chasse une moucheปัดpàt
  • Fermerปิดpìt
  • Ouvrirเปิดpèut
  • Masquer, faire écran, bloquer avec le tibiaบังbang
  • Arc-bouter, repousser en prenant appuiยันyan
  • Tirerดึงdeung
  • Crocheter, enroulerเกี่ยวkìao

ป้อง ปัด ปิด เปิด pong pat pit poet — les quatre po, et l'arme qui les exécute

  • Parer de la mainปัดด้วยมือpàt dûaï meu
  • Parer du coudeปัดด้วยศอกpàt dûaï sòok
  • Parer du genouปัดด้วยเข่าpàt dûaï khào
  • Parer du piedปัดด้วยเท้าpàt dûaï tháo

Les quatre verbes se déclinent de la même façon avec chaque arme : on dévie du coude comme on couvre de la main, on ferme du genou comme on ouvre du pied. C'est ce qui fait dire aux maîtres de Chaiya que leur défense protège « du gros orteil jusqu'aux cheveux ». Les manuels thaïs formulent souvent la même chose autrement — ใช้ฝ่ามือบัง tchaï fàa-meu bang, « employer la paume pour faire écran », ยกเข่าขึ้นบัง yók khào kheun bang, « lever le genou pour faire écran ».

Deux de ces verbes n'appartiennent pas au vocabulaire de la protection : poet, ouvrir, est le mot d'une porte ou d'une bouteille — ouvrir sa garde pour appeler, celle de l'autre pour entrer, est une opération enseignée et nommée ; et dueng tirer forme avec yan repousser un couple qui est la manipulation d'un homme au corps à corps.

La défense : les esquives et les saisies

  • Passer par l'extérieur · par l'intérieurสับนอก · สับในsàp nôok · sàp naï
  • Le décalage à angle droitฉากtchàak
  • Esquiver par ce décalageหลบฉากlòp tchàak
  • Esquiver en entrant · en sortantหลบเข้า · หลบออกlòp khâo · lòp òok
  • Esquiver à gauche · à droiteหลบซ้าย · หลบขวาlòp sáaï · lòp khwǎa
  • Esquiver en fléchissantหลบย่อlòp yôo

มวยปล้ำ muay plam — le corps à corps, et ses deux formules

  • Le corps à corps du muayมวยปล้ำmuay plâm
  • Se mêler au cercle intérieur — la courte distanceคลุกวงในkhlouk wong naï
  • Enlacerกอดkòot
  • Serrer, verrouiller la saisieรัดrát
  • Secouer, malmener — comme un animal secoue sa proieฟัดfát
  • Projeter en faisant tournerเหวี่ยงwìang
  • Projeter au solทุ่มthoûm
  • Tomber sur, écraser au solทับtháp
  • Saisir, verrouillerจับdjàp
  • Briser une articulationหักhàk

Deux séquences, dans cet ordre. กอด รัด ฟัด เหวี่ยง kot rat fat wiang décrit l'entrée en saisie et le déséquilibre : on enlace, on serre, on secoue, on projette. ทุ่ม ทับ จับ หัก toum tap tchap hak décrit ce qui finit : projeter, écraser, saisir, briser. Les deux sont attestées dans le corpus du muay Chaiya, où on les récite d'affilée avec les quatre po de la défense.

La défense est la partie la plus riche du répertoire, et celle qui a le moins voyagé : vingt entrées ici, six dans le référentiel français. La dernière, hak, n'a aucun emploi en compétition, où elle vaudrait disqualification immédiate. Sa présence dans un programme contemporain est une survivance de nomenclature — c'est ce qui fait d'une liste un document historique.

Les trente figures

Au-dessus des éléments viennent les figures : quinze mae mai แม่ไม้, les figures mères — le plus souvent traduites par « techniques fondamentales » — et quinze look mai ลูกไม้, les figures filles, leurs compléments et leurs applications. Mae est le préfixe de la matrice, celui de la mère-eau mae nam, la rivière ; look mai en thaï courant désigne le fruit, et le proverbe dit que le fruit ne tombe pas loin du tronc.

Les gloses ci-dessous sont littérales. Ces noms ne sont pas des ornements : ils sont l'instruction elle-même. Dans un camp, on donne le nom, on exécute deux fois devant l'élève, et l'on se met au travail — le nom porte l'animal, l'appendice et le verbe, et le corps retient cela mieux qu'une description de la hanche.

Les quinze figures mères — แม่ไม้

  • 1 · Les dents du poissonสลับฟันปลาsà-làp fan plaa
  • 2 · l'oiseau fend son nidปักษาแหวกรังpàk-sǎa wàek rang
  • 3 · le Javanais lance la lanceชวาซัดหอกtchá-waa sát hòok
  • 4 · Inao poignarde du krisอิเหนาแทงกริชì-nǎo thaeng krìt
  • 5 · soulever le mont Meruยอเขาพระสุเมรุyoo khǎo phrá sòu-meen
  • 6 · le vieux moine étaie la courgeตาเถรค้ำฟักtaa thěen khám fák
  • 7 · le Môn pousse le pieuมอญยันหลักmoon yan làk
  • 8 · Planter le pieuปักลูกทอยpàk loûk thooï
  • 9 · le crocodile fouette de la queueจระเข้ฟาดหางdjò-rà-khêe fâat hǎang
  • 10 · briser la trompe d'Ayaraหักงวงไอยราhàk nguang aï-yá-raa
  • 11 · le nāga tord sa queueนาคาบิดหางnaa-khaa bìt hǎang
  • 12 · Virūḷhok se retourneวิรุณหกกลับwí-roun hòk klàp
  • 13 · éteindre la lampeดับชวาลาdàp tchá-waa-laa
  • 14 · le seigneur yakṣa attape le singeขุนยักษ์จับลิงkhǔn yák djàp ling
  • 15 · briser le cou d'Ayaraหักคอไอยราhàk khoo aï-yá-raa

Les quinze figures filles — ลูกไม้

  • 1 · Erawan encorne de sa défenseเอราวัณเสยงาee-raa-wan sěuï ngaa
  • 2 · le pied essuie le visageบาทาลูบพักตร์baa-thaa loûp phák
  • 3 · le yakṣa emporte la dameขุนยักษ์พานางkhǔn yák phaa naang
  • 4 · Rāma bande son arcพระรามน้าวศรphrá raam náao sǒon
  • 5 · le lion traverse le torrentไกรสรข้ามห้วยkraï-sǒon khâam hûaï
  • 6 · le cerf regarde derrière luiกวางเหลียวหลังkwaang lǐao lǎng
  • 7 · Hiraṇya enroule la terreหิรัญม้วนแผ่นดินhì-ran múan phàen din
  • 8 · le nāga plonge au monde souterrainนาคามุดบาดาลnaa-khaa móut baa-daan
  • 9 · Hanuman offre l'anneauหนุมานถวายแหวนhà-nòu-maan thà-wǎaï wǎen
  • 10 · le Vietnamien jette l'épervierญวนทอดแหyuan thôot hǎe
  • 11 · le Thayae étaie le pilierทะแยค้ำเสาthá-yae khám sǎo
  • 12 · le cygne à l'aile briséeหงส์ปีกหักhǒng pìik hàk
  • 13 · enfiler la guirlande de fleursสักพวงมาลัยsàk phuang maa-laï
  • 14 · le moine balaie la courเถรกวาดลานthěen kwàat laan
  • 15 · trancher la courgeฝานลูกบวบfǎan loûk bùap

Quelques notes de vocabulaire : thoi est le taquet de bois qu'on fiche dans un tronc pour y prendre appui ; chawala est la flamme, du sanskrit jvālā, et dap le verbe de l'extinction, celui-là même que le vocabulaire bouddhique emploie pour la cessation ; Virūḷhok est l'un des quatre Grands Rois qui gardent les points cardinaux ; Ayara est l'éléphant d'Indra, que les listes nomment sous ses deux noms, aiyara et erawan.

Poursuivre

Le Muay Thaï

Les mots prennent leur sens dans le geste.