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Feuillet ๓

Muay Lerdrit

มวยเลิศฤทธิ์

La méthode Lerdrit : le fonds technique du muay boran réglé sur la défense personnelle et sur les contraintes des métiers de la défense et de la sûreté — entrer, contrôler, désengager.

Le Lerdrit prend le répertoire du muay boran et le règle sur une autre finalité : un affrontement qui n'a ni reprise, ni arbitre, ni catégorie de poids, et dont le seul objectif raisonnable est qu'il cesse au plus vite. C'est la version applicable de la boxe ancienne : défense personnelle, métiers à risque et travail adapté aux professionnels de la sûreté.

Une autre finalité

Un boxeur gère un adversaire pendant cinq reprises. Hors du ring, il n'y a ni chronomètre ni certitude d'être seul face à un seul, et l'issue se joue en quelques secondes. Toute la méthode découle de cette contrainte : couvrir, entrer, déséquilibrer, contrôler ou rompre, en un minimum de gestes et sans jamais s'installer dans l'échange.

Le Lerdrit conserve donc du muay boran ce qui va vite et coûte peu : coudes, genoux, frappes courtes, contrôle de la tête et des appuis, projections. Il laisse de côté ce qui suppose un cadre sportif — la mise à distance longue, l'échange prolongé, la gestion du temps de combat.

Le nom, et ce qu'il ne dit pas

เลิศฤทธิ์ est le nom de famille du concepteur, อาจารย์วิสิทธิ์ เลิศฤทธิ์ — Ajarn Wisit Lerdrit. « Muay Lerdrit » signifie donc « la méthode Lerdrit », comme on dit la méthode Feldenkrais. Pris séparément, les deux mots veulent bien dire suprême et puissance, et on lit souvent cette traduction ; mais la donner pour le sens du système, c'est prendre un patronyme pour un programme.

Le Lerdrit est une méthode moderne de combat rapproché, formalisée à partir des années 1960 dans le cadre de l'enseignement militaire thaïlandais — les sources thaïes mentionnent l'Académie militaire Chulachomklao —, puis diffusée hors de l'armée.

Les principes de travail

  • L'initiative — ne pas subir l'engagement ; couper l'intention adverse avant qu'elle ne s'exprime pleinement.
  • L'entrée directe — franchir la distance en une action, en se couvrant, plutôt qu'en enchaînant à distance.
  • La destruction des appuis — attaquer la structure : équilibre, jambe d'appui, axe du corps, plutôt que de chercher seulement l'impact.
  • Le corps à corps armé — coude et genou comme armes principales, employés depuis la saisie et non depuis l'échange.
  • Le contrôle — savoir tenir, amener au sol et immobiliser sans frapper, quand la situation ne justifie pas davantage.
  • La sortie — se replacer, se dégager, ne jamais rester dans la zone où l'on vient d'agir.

Le geste ne change pas beaucoup ; c'est la décision qui change. Le même coude, porté dans un esprit sportif ou dans un esprit de neutralisation, n'est pas le même coude.

Pour la défense personnelle

Le travail commence bien avant le contact : lecture de la situation, distance de sécurité, posture dissuasive, voix et attitude. La très grande majorité des affaires se règle là, et c'est la partie que la plupart des méthodes négligent.

Vient ensuite ce qui se passe quand cela échoue : défense contre les saisies, les agrippements et les étranglements, réponse à une frappe soudaine, dégagement lorsqu'on est acculé ou saisi par derrière, refus du sol et relevé, gestion du souffle et de la sidération. Le tout se travaille avec un partenaire, à intensité progressive, jusqu'à des mises en situation contraintes — debout, en vêtements de ville, dans un espace réduit.

Nous disons aussi ce que la discipline ne fait pas : elle ne rend personne invulnérable, elle ne remplace pas la fuite quand la fuite est possible, et elle n'a aucune réponse satisfaisante au nombre ni à l'arme à feu. Une méthode honnête commence par là.

Les mineurs, à partir de 12 ans, abordent la défense personnelle dans une forme adaptée à leur âge : lecture des situations, distance, voix, dégagements simples et fuite — sans mise en situation contrainte, et toujours avec l'accord de leurs représentants légaux.

Pour les professionnels de la sûreté

Agents de sécurité privée, sûreté événementielle, transporteurs, personnels d'accueil exposés, soignants confrontés à des patients agités : ces métiers ont un besoin commun que la boxe sportive ne couvre pas. Il leur faut pouvoir gérer un individu sans le blesser, rester dans une riposte proportionnée, tenir devant témoins et caméra, et travailler en binôme.

  • Gestion de la distance et de l'espace — placement, angles, portes et couloirs, protection d'un tiers ou d'un collègue.
  • Contrôle plutôt que frappe — saisies, clés d'accompagnement, déséquilibres amenant au sol sans traumatisme, immobilisation à deux.
  • Dégagements — étranglements, saisies de vêtement, ceinture arrière, arrachement d'un objet ou d'une arme portée à la ceinture.
  • Travail en tenue — chaussé, vêtu, avec équipement, sur sol dur ; les gestes qui fonctionnent pieds nus sur l'herbe ne fonctionnent pas toujours ailleurs.
  • Conduite après l'action — désengagement, sécurisation, transmission de l'information.

Ces modules se construisent avec vous, à titre individuel ou en petit groupe, sur une séance ou sur un cycle. L'association n'intervient pas comme prestataire : elle ne facture aucune entreprise et ne délivre aucun certificat ni aucune attestation de compétence. Écrivez-nous en décrivant votre contexte : nous répondons par une proposition de contenu.

Armes courtes : couteau et bâton

Les séances abordent également le couteau et le bâton. Non pour faire du krabi krabong, qui est une discipline en soi, mais parce que ces armes obéissent aux mêmes logiques de distance, d'angle et d'entrée que les mains nues, et qu'elles les éclairent. Le couteau est d'abord étudié comme une menace : comprendre ce qu'il fait, à quelle vitesse et à quelle distance, conduit surtout à mieux mesurer le risque et à privilégier la rupture. Le bâton, lui, est un outil de contrôle et de maintien à distance.

Le travail est conduit exclusivement avec du matériel d'entraînement ou factice — bois, mousse, lames non affûtées. Aucune arme au sens du code de la sécurité intérieure n'est utilisée, portée ni transportée dans le cadre des séances. Les mineurs y accèdent avec l'accord de leurs représentants légaux, sous supervision directe et avec ce seul matériel factice, qu'ils ne conservent ni n'emportent. Rappelons que le port et le transport d'une arme de catégorie D hors du domicile, sans motif légitime, sont interdits (articles R. 315-1 et L. 317-8 du code de la sécurité intérieure).

Sa place dans notre enseignement

Nous abordons le Lerdrit comme un prolongement du muay boran, avec sa culture et son vocabulaire, et non comme un produit de self-défense détaché de son origine. Il suppose une base technique déjà installée : sans posture ni déplacement solides, l'entrée directe n'est qu'une prise de risque. Il se travaille lentement, à intensité contrôlée, et le niveau d'engagement n'augmente qu'une fois la forme acquise.

Cadre légal et éthique

Ce travail est enseigné dans un cadre associatif, à des fins de connaissance martiale, de préparation physique et de défense de la personne. En droit français, la légitime défense suppose une atteinte injustifiée, une riposte nécessaire, simultanée et proportionnée (articles 122-5 et 122-6 du code pénal) ; ce rappel accompagne chaque séance appliquée.

Les professionnels restent en toute circonstance tenus par le cadre légal et déontologique de leur activité — pour la sécurité privée, le livre VI du code de la sécurité intérieure. Nos modules sont un complément martial. Ils ne constituent pas une formation aux activités privées de sécurité au sens de ce livre VI, ne préparent à aucune aptitude professionnelle réglementée, et ne permettent ni l'obtention ni le renouvellement d'une carte professionnelle. Ils ne dispensent d'aucune obligation de formation propre au métier, et aucun certificat n'est délivré à leur issue.

Nous n'enseignons pas l'agression. L'association se réserve de refuser une inscription dont l'intention paraîtrait contraire à cet esprit.

  • PublicAdultes ; mineurs à partir de 12 ans avec accord parental, dans une approche adaptée à l'âge ; professionnels de la sûreté
  • FormatsSéance privée ou en duo · petit groupe · module thématique · stage
  • PrérequisAucun pour découvrir ; une base de posture et de déplacement est construite en amont du travail appliqué
  • ContenuDistance et dissuasion, entrées, contrôles et projections, dégagements, armes courtes, mises en situation
  • LieuxBrétigny-sur-Orge (91) et Paris, en extérieur

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